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Comprendre ta grille de mandataire

David Musto, conseiller immobilier indépendant6 minPublié le 27 juillet 2026

Ta grille de rétrocession décide de ce que tu conserves sur chaque vente. Beaucoup de mandataires la connaissent de nom, peu savent la lire en détail. Ce guide t’explique les paliers, et surtout la différence entre mode marginal et mode global — celle qui change la valeur de tous les pourcentages affichés.

La rétrocession, ce que tu conserves sur chaque vente

Quand tu vends en tant que mandataire, les honoraires de la transaction sont encaissés par ton réseau, titulaire de la carte professionnelle. Il t’en reverse ensuite une partie : c’est la rétrocession. Le taux de rétrocession, c’est simplement le pourcentage des honoraires qui te revient.

Selon les réseaux, tu croiseras d’autres noms : commission, reversion, pourcentage de redistribution. Le principe reste le même — ce guide utilise « rétrocession », le terme le plus courant.

Ce taux est rarement unique. La plupart des grilles le font monter avec ton chiffre d’affaires : plus tu produis dans l’année, plus la part que tu conserves augmente. C’est le principe des paliers.

Jusque-là, rien de compliqué. La vraie question, c’est la façon dont les paliers s’appliquent — et c’est là que deux grilles affichant les mêmes pourcentages peuvent te verser des montants très différents.

Les paliers : ta grille se lit comme une échelle

Un palier, c’est une tranche de chiffre d’affaires associée à un taux. Prenons une grille d’exemple volontairement simple : 70 % de rétrocession jusqu’à 50 000 € d’honoraires générés dans l’année, puis 90 % au-delà.

Cette lecture laisse pourtant une question ouverte. Quand tu franchis un palier, le nouveau taux s’applique-t-il seulement à ce qui dépasse le seuil, ou à tout ton chiffre d’affaires depuis le début de l’année ? Les deux systèmes existent. C’est ce qu’on appelle le mode de la grille : marginal ou global.

Ce mot ne figure pas toujours dans les plaquettes. Il est pourtant plus important que les pourcentages eux-mêmes, parce que c’est lui qui décide de ce que la grille te verse réellement.

Le mode marginal : comme l’impôt sur le revenu

En mode marginal, chaque tranche de ton chiffre d’affaires est payée au taux de sa tranche. Exactement comme le barème de l’impôt sur le revenu : passer dans la tranche supérieure ne change rien à ce qui a été produit en dessous.

Reprenons la grille d’exemple avec 80 000 € d’honoraires sur l’année : les 50 000 premiers euros sont rétrocédés à 70 % (soit 35 000 €), les 30 000 suivants à 90 % (soit 27 000 €), pour un total conservé de 62 000 €.

Conséquence directe, toujours dans cet exemple : tu as « atteint le palier 90 % », mais ton taux moyen réel est de 77,5 %. En mode marginal, le taux affiché en haut de la grille n’est jamais ton taux effectif — retiens ce réflexe avant de comparer quoi que ce soit.

Le mode global : un taux pour tout, et des effets de seuil

En mode global, le taux du palier atteint s’applique à la totalité de ton chiffre d’affaires de l’année — y compris tout ce qui a été produit avant de franchir le seuil.

Même grille d’exemple, même CA de 80 000 € : le palier atteint est 90 %, appliqué à tout, soit 72 000 € conservés — 10 000 € de plus qu’en mode marginal.

Le revers s’appelle l’effet de seuil. Toujours dans cet exemple, à 50 000 € de CA tu conserves 35 000 €, alors qu’à 50 001 € le taux passe à 90 % sur l’ensemble, soit environ 45 000 €. Un euro de chiffre d’affaires a changé le taux de tout ce qui précède.

Et tant que le seuil n’est pas franchi, la mécanique joue dans l’autre sens : l’intégralité de ton CA reste au taux inférieur. Aucun des deux modes n’est « le bon » ou « le mauvais » — les réseaux calibrent leurs pourcentages en fonction du mode qu’ils ont choisi. Une même ligne à 90 %, comme dans notre exemple, n’a donc pas la même valeur en marginal et en global : comparer deux grilles sans connaître leur mode ne veut rien dire.

Fais le calcul avec tes propres chiffres

L’écart de l’exemple ci-dessus n’est ni une règle ni une moyenne : il dépend entièrement du niveau de CA et de la forme de la grille. Le mini-calculateur ci-dessous rend la différence tangible : le même exercice, cette fois sur les paliers RÉELS publiés par le réseau — les montants ne seront donc pas ceux de l’exemple ci-dessus, seule la mécanique compte, lue en marginal puis en global.

Fais glisser le curseur à plusieurs niveaux : ton CA de l’an dernier, ton objectif, et une année creuse. C’est souvent sur l’année creuse que la forme d’une grille pèse le plus.

Regarde surtout le taux moyen effectif affiché sous chaque montant : c’est lui, et pas le taux du dernier palier, qui résume ce qu’une grille laisse vraiment.

Essaie toi-même

Le même CA, dans la même grille (paliers de la grille BSK), selon le mode de calcul. Fais glisser :

CA de 80 000 €

Mode marginal

63 150 €

taux moyen effectif : 78,9 %

chaque tranche à son taux

Mode global

72 000 €

taux moyen effectif : 90,0 %

le taux du palier atteint sur tout

Commission conservée avant redevance, à partir des paliers indicatifs de la grille BSK. Estimation indicative, non contractuelle. Les revenus d’un indépendant ne sont jamais garantis.

Les questions à poser à ton réseau

Chaque réponse tient en une ligne, et l’ensemble change la lecture de toute ta grille. Pose ces questions par écrit — ou va chercher les réponses dans ton contrat, c’est là qu’elles font foi.

Ta grille n’est que la moitié de l’équation

Si une réponse reste floue ou seulement orale, demande-la par écrit. Une rémunération de mandataire se lit dans un contrat, pas dans une plaquette.

Et garde en tête que le taux de rétrocession ne raconte que la moitié de l’histoire : la redevance mensuelle — le fameux « pack » — vient s’ajouter au calcul, et elle mérite un raisonnement à part. C’est l’objet du guide sur le point mort. En attendant, le plus utile reste de confronter ta grille à tes chiffres réels.

Et avec tes chiffres à toi ?

Le diagnostic fait le calcul en 3 minutes — gratuit, sans promesses, et la méthode est publique.

Comparer ta grille avec tes chiffres

Comment on calcule : la méthodologie complète

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