monbilanimmo.

Relevé de commissions : les 5 lignes à vérifier chaque mois

David Musto, conseiller immobilier indépendant6 minPublié le 27 juillet 2026

Ton relevé de commissions n’est pas un reçu, c’est un document de gestion. Cinq lignes y décident de ce qui arrive sur ton compte — et chacune a son erreur classique. Voici quoi vérifier, dans l’ordre, en cinq minutes par relevé.

Un document généré n’est pas un document juste

Un relevé de commissions est produit automatiquement, donc fiable ? Non : il est produit à partir de données saisies — le montant d’honoraires transmis après l’acte, ton palier en vigueur, tes options du mois. Une saisie décalée d’un mois, un avenant non répercuté, un changement de palier mal daté, et le relevé est faux sans que personne n’ait triché.

L’enjeu dépasse le mois en cours : sur la plupart des grilles progressives, chaque relevé alimente le cumul annuel qui déclenche tes paliers. Une erreur non corrigée en mars se répercute sur tous les relevés suivants. D’où la méthode : cinq lignes, toujours les mêmes, toujours dans le même ordre.

Ligne 1 — les honoraires bruts de la vente

Tout part de là : le montant des honoraires HT de la transaction, celui qui figure sur le mandat et dans le dossier de vente. C’est la base sur laquelle ton taux s’applique — si cette ligne est fausse, tout le relevé l’est.

La vérification : rapproche le montant du relevé de celui de ton dossier — mandat, éventuel avenant de baisse de prix, décompte établi à l’acte. Les documents doivent raconter la même histoire, au même montant.

L’erreur classique : un montant TTC saisi comme du HT (ou l’inverse), ou des honoraires déjà amputés d’un partage en collaboration présentés comme des honoraires pleins. Dans les deux cas, la base est fausse et l’écart se propage à toutes les lignes suivantes.

Ligne 2 — le taux appliqué et ton palier

Le relevé doit indiquer le taux effectivement appliqué à cette vente, et te permettre de comprendre de quel palier de ta grille il découle. Compare avec ta grille contractuelle — celle du contrat, pas celle de la brochure d’entrée.

Si ta grille est progressive, vérifie aussi la règle de calcul : en mode marginal, chaque tranche de CA est payée au taux de sa tranche ; en mode global, le taux du palier atteint s’applique à l’ensemble. Les deux modes existent, et ton relevé doit appliquer celui qui est écrit dans TON contrat.

L’erreur classique : un changement de palier mal daté. Une vente encaissée juste après un franchissement, calculée à l’ancien taux — l’écart passe inaperçu, sauf si tu suis ton cumul toi-même (c’est la ligne 5).

Ligne 3 — les retenues et frais additionnels

Entre ta commission brute et ton virement, il y a des retenues : la redevance du mois, les options souscrites, d’éventuels frais de publicité, une part de parrainage, des régularisations. Chacune doit être nommée, datée et rattachée à quelque chose que tu as signé.

L’erreur classique : la ligne fourre-tout — « frais divers », « ajustement » — sans détail. Tu as le droit d’exiger le décompte : une retenue qui ne correspond à rien de contractuel n’a pas à figurer sur ton relevé. Autre cas fréquent : une option résiliée qui continue d’être prélevée plusieurs mois.

Ligne 4 — la TVA

Si tu es en franchise en base de TVA, tes factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » et ta rémunération s’entend sans TVA. Si tu es assujetti, le relevé doit distinguer clairement le HT, la TVA et le TTC.

L’erreur classique est double. Côté lecture : comparer ton TTC au HT d’un collègue et en tirer des conclusions — la TVA n’est pas un revenu, elle ne fait que transiter par ton compte. Côté administratif : changer de régime en cours d’année sans prévenir ton réseau — tes factures et tes relevés deviennent faux des deux côtés, et c’est toi qui régularises.

Ligne 5 — le cumul annuel, celui qui pilote tout

La ligne la plus stratégique, parce qu’elle commande toutes les autres : le cumul de CA pris en compte pour ta grille depuis le début de la période de référence. C’est lui qui déclenche tes passages de palier — donc le taux de tes prochaines ventes.

Vérifie deux choses : que le cumul affiché est bien égal à la somme de tes relevés précédents, et que tu connais la date de remise à zéro (année civile ou date anniversaire du contrat). Tiens ton propre suivi en parallèle — dix lignes dans un tableur suffisent.

L’erreur classique : un cumul qui mélange compromis et actes, ou une vente en collaboration comptée pour son montant plein. Un cumul surévalué déclenche un palier trop tôt — agréable, mais faux, et la régularisation finit toujours par arriver. Sous-évalué, c’est toi qui laisses des euros au réseau sans le voir.

Cinq minutes par mois, et toujours par écrit

Une vérification efficace est une routine, pas une enquête : à chaque relevé, les cinq points ci-dessus, dans l’ordre, avec ton dossier de vente et ton tableau de cumul sous les yeux. La première fois prend vingt minutes ; les suivantes, cinq.

Quand une ligne cloche, signale-la par écrit, chiffres à l’appui, et demande un relevé rectifié — pas une explication orale. Un réseau sérieux corrige sans drame ; sa façon de réagir est d’ailleurs un excellent indicateur de la relation.

Et si la vérification te fait découvrir que le problème n’est pas le relevé mais la grille elle-même, c’est un autre calcul qui commence — celui du bilan, avec tes chiffres réels sur une année complète.

Et avec tes chiffres à toi ?

Le diagnostic fait le calcul en 3 minutes — gratuit, sans promesses, et la méthode est publique.

Vérifier avec mon bilan

Comment on calcule : la méthodologie complète

À lire ensuite